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Le cancer, ce maudit mal!

C’est le dernier jour d’Octobre, cela n’a pas été qu’un simple mois, mais 31 jours consacrés à la sensibilisation et à la lutte contre le cancer du sein.  Placé sous le charmant nom d’Octobre rose, il est marqué un peu partout dans le monde par différentes manifestations (consultations gratuites, conférences, stands d’informations, théâtres, forums, soirées, marches, courses à pied, vélos, flashs mobs, photographies sur les réseaux sociaux, illuminations de monuments célèbres, remises de prix, etc) mettant en avant les victimes de ce mal. Ces propagandes également à visée éducative instruisent sur l’auto-palpation et encouragent les femmes de plus d’un certain âge à se faire dépister grâce à la mammographie.

J’ai hésité à me livrer à vous sur ce sujet, pourquoi? La suite vous le dira…

Pour nous, tout a commencé un jour où dans nos discussions elle me dit  » ma fille, j’ai comme une petite bosse ou nodule dans le sein ». Je pouvais lire la peur sur son visage et cela m’a inquiété; mais comme une grande fille je l’ai rassuré et ensemble on a décidé qu’elle aille se faire consulter. A l’hôpital, les médecins lui ont fait faire la mammographie qui n’a rien révélé comme mal. Ils lui ont prescrit un traitement censé réduire et faire disparaitre le nodule qu’elle a suivi à la lettre. Maman se portait bien et on a oublié cet petit épisode effrayant.

Hélas, le mal était bien loin de nous avoir lâché. Une ou deux semaines avant mon départ, maman se plaignait encore d’avoir un noyau dans les seins, et là je commençais vraiment à m’inquiéter. Je lui ai fais promettre de retourner à l’hôpital pour voir de quoi il retournait cette fois-ci. Elle fit comme on a dit et s’est encore vue prescrite plusieurs analyses. Les résultats ne sortaient pas, faute d’un système médical pourri et un corps de santé qui privilégie ses poches plutôt que la santé du patient. Après une discussion au téléphone, nous décidâmes qu’elle aille voir des spécialistes bénévoles anglais et allemands à Atakpame, une ville du TOGO.

Je venais de finir mes partiels quand je reçus son message vocal :

 » ma fille, tu vas bien? Je viens te donner les nouvelles. Il m’a été diagnostiqué le cancer  en phase avancée; je dois subir une ablation du sein au plus vite pour éviter que la maladie ne se propage encore plus. Le médecin déterminera ensuite si je subis une chimiothérapie ou non ».

J’ai fondu en larmes, le diagnostic venait de tomber; pourquoi elle? Pourquoi ma vie? Pourquoi la seule qui me reste? Plein d’idées négatives ont traversé mon esprit en une seconde. Je me revoyais dans la situation où j’avais perdu mon père, j’étais désarmée et je ne désirais qu’une chose, rentrer la soutenir pour qu’on surmonte la maladie à deux comme à l’habitude de faire pour chaque situation.

Très vite j’ai séché mes larmes, j’ai bien compris, et elle me l’a rappelé, qu’il fallait qu’on s’accommode de la situation. Elle était mentalement forte et déterminée à combattre cette maudite maladie pour ses enfants, que je n’ai eu d’autre choix que d’avoir le mental dur, en plus de la positivité qu’elle communiquait. La soutenir malgré la distance afin qu’elle ne se sente pas seule,  prier que l’intervention se passe bien étaient les seules choses que je pouvais faire.

L’opération s’est bien déroulée. Maman était fatiguée, mais elle a tenu à m’envoyer une photo d’elle sur le lit avec ses pansements pour me rassurer que notre père céleste l’en a sorti indemne. Quelques jours plus tard, le médecin décida qu’elle ne suivra pas de chimiothérapie mais un autre traitement mois agressif sur une longue période. Nous venons de gagner encore une bataille et sommes armées pour l’avenir.

Ma vie, tu te bats chaque jour contre ce mal, tu gardes toujours ton sourire, ta joie de vivre même si le traitement est pesant et fatigant, car oui tu as compris et ce depuis, qu’il faut profiter de chaque moment, de chaque minute. Nous sommes constamment inquiets pour toi mais ta manière d’appréhender les choses nous fait des fois oublier le mal.

Tu me chaperonnes tous les jours, tu me fais rire surtout avec ton désir de me voir casée et te faire grand-mère.

J’espère que la maladie diminue au jour le jour, et j’implore le ciel qu’il te garde auprès de nous encore longtemps afin que tu puisses jouir des fruits de tous tes efforts.

Ma vie, je suis si fière de toi, tu es une wakanda woman, une vraie guerrière qui livre bataille pour nous tes enfants. Je sais que de là haut papa est fière de nous.

Je t’aime tant et je ferai tout pour t’honorer, toi ma meilleure amie.

Parce que nous sommes tous hypothétiquement concernés,  ne nous arrêtons pas seulement à ce mois, d’apporter du soutien à la cause car la lutte est réelle et il reste beaucoup à faire surtout dans nos pays africains ou le sujet est encore tabou, et que les femmes de peur d’être rejetées, de se voir délaissées, de se faire traiter de malédiction, s’enferment dans un mutisme et finissent par en mourir.

Courage à toutes celles qui se battent tous les jours conte cette maudite maladie, et paix aux âmes de celles qui n’en sont pas venues à bout.

Mes sœurs, adoptons les bon gestes, soyons à l’écoute de notre corps et rapprochons nous de la médecine pour prévenir le mal.

#fightcancer

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2 Commentaires

  • Répondre
    Bk reine
    1 novembre 2018 à 12 h 24 min

    J’ai été tellement touchée par cet article! Ma mère aussi n’est pas passée loin de cet été maudite maladie ! Opérée du sein, elle se bat chaque jour avec des compléments alimentaires pour éviter les récidives. A chaque fois qu’elle dit qu’elle a mal , mon coeur saute comme pas possible !
    Merci à toi de mettre des mots sur ce que l’on ressent quand c’est si près !
    Kisses and may God help us🙏

    • Répondre
      safitude
      16 novembre 2018 à 14 h 30 min

      Je comprends bien cet état ma chérie;
      May God really help us. Des bisous

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