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Ma première année en France : la réalité

Première année en France / Etudes en France / Immigration / Intégration en France

Vous l’aurez compris, ce billet fait suite à l’article sur mon départ du Togo pour la France.

Contrairement aux idées toutes faites que les gens se font de l’Europe, à savoir c’est l’eldorado c’est « le pays des bisounours, tu y mets pieds tout devient rose, tes souffrances sont finies, tu trouves un job au coin de la rue, etc » ; je suis désolée de vous décevoir, mais la réalité est bien différente.

Je l’ai ben compris et intégré avant de débarquer ici, et même si je savais très bien que la tâche ne serait pas facile, j’ai eu mes moments de déprime et de remise en question. Mes proches en Europe ne m’ont jamais vendu du rêve comme le font la majorité de ceux qui rentrent passer leurs vacances au pays. Merci donc de ne pas vous fier aux téléréalités et à nos très chers benguistes qui rentrent faire la java (c’est un simple moyen de déstresser et de changer un peu).

Nous partons déjà avec une chance de  moins,  notre couleur de peau!  C’est dommage mais c’est ainsi. Il y a tant à dire mais retenez ce qui suit.

  1. L’administration et la recherche d’un moyen de subsistance

En France ce sont les papiers qui parlent. Du moment où tu es en règle et que tu fournis tout ce qu’on te demande à tant, tu t’en sors bien. Beaucoup de démarches sont faites en ligne. Il faut juste savoir quand et comment s’y prendre. Les documents comme « le titre de séjour, la responsabilité civile, la sécurité sociale, le RIB » sont des éléments indispensables pour chercher un job étudiant. Vous risquez de vous voir refuser le poste si vous n’êtes pas en règle à moins d’aller travailler au noir, chose dangereuse  pour vous. L’État octroie quand même des aides aux étudiants en fonction de leur âge, leur situation financière, etc.

       2. Les moyens de transport 

Au pays, nos moyens de transport principaux sont le zemidjan et le taxi. C’est tout simple, tu accostes le z’man n’importe où et n’importe quand, tu lui communiques ta destination, vous vous entendez sur un prix et c’est parti. C’est un peu pareil pour le taxi ; à la différence que, pour en avoir, tu vas au bord de la route et les prix sont prédéfinis en fonction des points d’arrivée. Il y a également des taxi prives auxquels  tu fais appel et qui viennent te prendre a l’endroit ou tu te trouves.

Gbimmm, pays de blancs = gros changement! Tu as le TGV, le train normal, le tram, le métro, uber … On a tous des anecdotes à raconter sur le sujet ; les natifs eux-même ne s’en sortent pas crème.

Petite anecdote : j’ai décidé un jour férié d’aller faire mes courses avec ma bien grosse valise. Sur le chemin de retour, en trainant mes provisions, le sol tellement granuleux et le poids des denrées ont fait en sorte que ma valise s’est déchirée. J’ai fait appel à mes proches mais personne n’était libre. Les uber étaient tous occupés et je ne pouvais même pas faire de l’auto-stop étant dans un pays où tout le monde se méfie de l’autre, aucun passant ne m’a calculé. J’ai appelé ma mère, pleuré un coup et me suis rappelée des privilèges que j’avais chez moi et de comment dans ma société les gens sont chaleureux et prêts à t’aider. Heureusement ma copine M est finalement venue me chercher.

Que puis-je donc vous conseiller? Eh bah

  • Uber, heetch, et famille sont en fonction de ta bourse . C’est rapide et pratique. Le chauffeur te localise et passe te prendre en quelques minutes. Ils sont préférables pour les petites distances et tard la nuit. Attention à ne pas avoir trop de bagages, uber pourrait ne pas vous prendre parce que la grande majorité sont des voitures luxueuses dont les conducteurs prennent soin comme des bébé. Qui ici veut qu’on abîme son bébé???
  • Les trains et compagnie ne sont pas toujours à l’heure. Soit ils viennent une minute plus tôt, soit ils prennent du retard. Le vrai exercice c’est la lecture, vous me direz c’est rien mais non, l’adaptation n’est pas automatique. En gare, il faut constamment lire ce que mentionnent les panneaux et les écrans en fonction de ta destination sinon tu te retrouves tout de suite ailleurs. Assurez vous aussi d’avoir votre titre de transport à jour sinon les contrôleurs feront de vous une bouchée haha.
  • J’allais oublier MAPS, je me demande si un jour je finirai par avoir le sens de l’orientation même si cette application est d’une grande aide.

         3.  La recherche de stage

La mienne n’a pas été du gâteau, vous en savez quelque chose. Le réseau, c’est super important même si tu dois savoir vendre tes compétences. Chez nous, on est dans un certain laxisme et on fait pratiquement tout de façon médiocre. Non; ici tu dois lutter pour te faire valoir, et cela en tout et sur tout (CV, relances, entretiens, etc).

C’est en somme ce que j’ai retenu de mon baptême quoique la liste n’est pas exhaustive. Ce n’est pas l’enfer non plus, mais arrêtez de vous fier à l’apparence des gens sur les réseaux sociaux. Comme partout ailleurs, il y a les bons et les mauvais côtés, prière à ceux qui comptent venir de se préparer psychologiquement.

Encore une chose, ne soyez pas surpris qu’ici on vous sorte « tu parles bien français pour quelqu’un qui vient d’arriver » comme compliment. Bah oui, chez moi on parle français et on a été colonisés par les français, merci.

Je vous souhaite de passer une agréable semaine, et si vous avez envie de partager votre expérience, ou me raconter une anecdote, n’hésitez pas à la faire en commentaire. Des bisous

Lexique : 

  • Benguiste : l’africain qui vit en occident
  • Z’man :  le conducteur de taxi moto

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