Personnel

Ma première année en France : le départ

Une année jour pour jour, mes pieds foulaient le sol du territoire francais.

Comment je me sens? Mes sentiments sont partagés entre nostalgie et un brin de rétrospective. Je serai égoïste de râler ou de minimiser le choses car le « rêve français » comme on le surnomme chez moi, n’est pas donné à vivre à tous ceux qui le demandent, je parle ici des jeunes de mon âge.

Les démarches ne sont pas de tout repos. L’obtention du visa  était en soi une épreuve stressante pour moi. Il m’était demandé plusieurs documents, et je ne compte même plus les aller-retour au consulat de France, pour obtenir une réponse. A force je me suis liée d’amitié avec l’agent de sécurité 🙂 . Arrivée à une certaine étape des formalités, je n’y croyais plus. Je m’étais préparée à toutes les éventualités, car au fond de moi, je n’avais aucune envie de partir ; je ne voulais pas rompre mes habitudes (oui j’ai un problème avec le changement) , mais c’était sans compter sur la détermination et le soutien infaillible de mon entourage, convaincu que cela allait me faire du bien.

Vint la journée du 16 août ; je me rendais au consulat pour la énième fois  dans l’espérance d’obtenir un résultat (oui un résultat parce que la chose avait tout l’air d’un examen digne togolais). Assise, la dame en face de moi m’annonça finalement que le visa m’a été accordé et elle m’a instruit sur les démarches à suivre une fois dans le pays. Contrairement à un jeune-homme qui sortit de là, criant toute sa joie dans la rue, en moi c’était plutôt mitigé. J’étais triste et contente à la fois ; un sentiment auquel je n’ai jamais trouvé explication.

A partir de ce instant, tout est passé en mode accéléré. J’avais 14 jours pour faire mes valises, dire au-revoir à certains membres de la famille (la corvée que ma mère te force à faire), sauf qu’en faisant mes courses avec ma bestie, un pauvre type nous a renversé. L’incident ma donc épargné la corvée.

La veille de mon départ, c’était le marathon! Entre les perruques à récupérer chez la coiffeuse, et les derniers petits achats ;  j’ai pu compter sur mes meilleurs (mama, tata, mémé, mes frères et sœurs, mes ami.e.s) pour tout mettre dans les valises et les peser afin qu’on ait pas de surprise de dernière minute à l’aéroport.

A l’aube du 30 août 2017, nous voilà à l’aéroport international Gnassingbe Eyadema (Air Maroc oblige,,,les vrais comprendront). Les formalités ont été vite bouclés, et je disposais encore de quelques minutes pour profiter avec mes proches.

J’ai embrassé et pris des selfies avec tous; maman m’a prodigué ses derniers conseils, on a prié (super important), je l’ai serré fort dans mes bras en plus d’une personne dont je tais l’identité ; puis je me suis dirigée vers la salle d’embarquement à la découverte de nouveaux horizons.

Sur le plan émotionnel, je n’ai pas fait un bon voyage du tout. J’ai pleuré comme une madeleine une fois que mes proches avaient le dos tourné, de Lomé en passant par Casablanca jusqu’à Paris. Non seulement parce que j’avais peur de l’inconnu, mais aussi pour des incompréhensions familiales qui m’ont fait tout remettre en question. Bestie était là dans tous ces moments et je ne la remercierai jamais assez.

L’avion atterrit à Orly vers 19h. Les formalités d’usages terminées, une valise perdue, je sortis retrouver mon frère que je n’avais plus vu depuis 5 ans, ce dernier accompagné de mon oncle.

Un sincère merci au ciel pour la vie de tous ces êtres chers avec qui  j’ai partagé ce moment, pour rien au monde je ne vous échangerai.

Merci à toi, maman mon papa, je t’aime plus que tout.

A très bientôt pour vous raconter la réalité sur le terrain.

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