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« Mère au foyer » ou « Working mum » : un choix complexe pour mon épanouissement en tant que femme et mère

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Vous m’aurez posé la question il y a trois (03) ans, je vous aurais répondu « working mum » (maman qui travaille) sans hésiter, mais depuis que j’ai connu la maternité, je vois les choses autrement, et je m’en étonne ; il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, dit-on. Qui a dit que les mamans qui sont à la maison ne travaillent pas?

Hello la famille, j’espère que vous vous portez à merveille.

On se retrouve aujourd’hui pour parler d’un sujet assez sensible, parce qu’une fois encore, la société, et plus précisément les féministes, ont décidé de ce qui doit être normal à ce qui ne devrait pas l’être. Je suis féministe, et je ne m’en cache pas, mais j’estime qu’il y a des prises de position, des raisonnements qui doivent être plus réfléchis. La définition du féminisme pour moi revient à laisser, respecter, et soutenir une femme dans le choix de vie qu’elle a opté.

De nos jours, la définition de la femme accomplie s’accorde à une jeune dame qui a fait de longues études couronnées d’un bel emploi, a une vie sexuelle épanouie auprès d’un homme aimant, est une mère dévouée et toujours disponible pour ses enfants, possède une maison propre et bien rangée, est un cordon-bleu, et a une vie sociale épanouie ; bref, elle maîtrise chaque domaine de compétence. On attend tellement d’une femme aujourd’hui qu’elle se met la pression pour répondre aux dictats, afin de ne pas être jugée fainéante, ou incapable par rapport à ses pairs.

Il s’agirait en fait de laisser chacun faire ce qu’il veut de sa vie. La notion d’émancipation n’est pas la même pour toutes et ne devrait pas être une raison pour rabaisser les unes par rapport aux autres.

J’en parle parce que j’ai envisagé d’être mère au foyer (mon père se retournerait peut-être dans sa tombe s’il m’entendait dire ça.), cependant, je n’ai jamais osé le dire devant mes proches.  À quelques exceptions près, les personnes dans mon entourage trouvent inconcevable de résumer sa vie de femme à s’occuper des enfants, de la maison, etc. ; il faut rajouter à ça un #vraiemploi. Je vous rassure, ils ne veulent que mon bien, parce qu’il y a d’autres paramètres qui entrent en jeu. J’étais la première à clamer depuis mon adolescence que je ne serai pas « mère au foyer » pensant que c’était un travail ingrat, rabaissant, et qui n’octroie pas un digne statut à la femme dans la société. Ma mère est mon plus bel exemple, elle était sur tous les fronts ; non seulement, elle avait son métier principal, mais aussi plusieurs entreprises en parallèle ; elle avait également le temps d’être présente pour ses enfants, nous éduquer, nous blanchir, nous offrir un environnement sain, et en plus de tout ça s’occuper d’elle-même ; la dame toujours on fleek. Je n’avais jamais imaginé la charge mentale que tout cela pouvait lui demander (BRAVO MAMAN).

J’ai beau avoir la grande gueule, ne pas me préoccuper de l’avis des autres, pourtant, j’ai mes insécurités. Je me suis rendu compte que je n’exprime pas trop mon ressenti sur le sujet pendant mes discussions avec les autres, parce que je suis sous une certaine influencée et que j’ai peur du fait que la société considère actuellement les mères au foyer comme des ringardes, des personnes qui ont échoué, ou qui sont incapables de tout concilier. Je n’assume pas de nourrir ce mode de vie, alors que dans mon quotidien, j’admire, et je suis la première à défendre les femmes qui ont choisi ce mode de vie.

Ce regard dénigreur ne devrait pas exister, car une femme travailleuse n’est en rien plus gaie et utile qu’une femme qui a résolu de s’occuper des siens. Il y a des femmes qui aspirent à tout faire bien et à profiter de chaque instant, ce qui les amène à opérer graduellement (études – métier – maternité – éducation des enfants – potentiel retour à une vie professionnelle).

« En général, les mères au foyer ont fait des études et travaillé puis fait le choix à un moment de vivre plus leur vie familiale en mettant en veilleuse leur affirmation professionnelle » explique Christine Castelain-Meunier, Sociologue au CNRS.

Les femmes qui optent de se dédier à leur famille ressentent juste la nécessité de le faire, car c’est leur façon à elles de s’épanouir.

Outre tous ces points, être une mère au foyer est un vrai travail et un vrai rôle social qui n’est malheureusement pas reconnu. C’est pourtant une fonction qui demande singulièrement de l’attention, de l’écoute, une organisation pointilleuse et un investissement herculéen. Je ne vais pas me mettre à vous citer tout ce qu’une mère au foyer fait de ses journées ; je ne suis pas dans la victimisation. Pour moi, c’est un indiscutable job à plein temps, sans vacances, qui mérite d’ailleurs salaire, ou de figurer sur le curriculum vitae. C’est un métier qui doit être très apprécié dans la société, car derrière le choix de ces femmes, il y a la résolution de mener un projet éducatif, celui d’élever ses enfants au mieux. Il n’y a donc aucune honte à posséder le statut de « mère au foyer » tant que ce choix ne vous est pas infligé et qu’il rend heureux votre famille et vous.

Qu’est-ce que j’aime ? Dans quel rôle je me plais le plus ? Pourquoi ? Personne ne m’a posé la question. Je ressens le besoin d’en parler, alors je vais vous le dire. Je n’ai plus honte de dire que je me suis surprise à aimer mon rôle de maman au foyer, on dirait que j’ai été créée pour ça. Je prends plaisir à m’occuper de ma fille toute la journée. Certes, ce n’est pas de tout repos, mais c’est tellement gratifiant. Depuis sa naissance, j’ai constaté que mes objectifs de vie étaient éphémères. Je ne veux manquer aucun de ses progrès, c’est fou comment un seul être peut changer toute votre vie. J’aime lui dire bonjour le matin quand je vais la chercher dans le lit ; j’aime lorsqu’elle fait sa sieste blottie contre moi ; j’aime la serrer dans mes bras pour la rassurer, ou juste parce qu’elle en a envie. Au début, j’avais du mal à la confier à son papa ou qui que ce soit, tellement j’avais l’impression qu’elle n’est bien qu’avec moi et que je suis la seule à pouvoir la protéger, MDR. Aujourd’hui, à part ma mère, je ne suis pas encore, mais pas du tout ouverte à l’idée de la confier à des inconnus (assistante maternelle, crèche) tous les jours pour vaquer à quelque occupation. Vont-ils insister pour qu’elle mange comme je le fais ou la laisser affamée ? Vont-ils la laisser traîner dans sa couche sale ou la changer aussitôt ? Vont-ils entendre ses besoins ? Tant d’inquiétudes qui ne quittent pas mon esprit.

Ceci dit, être mère au foyer me suffit-il ? NON ! Pour quelles raisons ? Rassurez-vous, je n’ai pas peur de devenir Billie de la série Sex/Life ; ou de sacrifier une pseudo-vie sociale. Je suis plus dans la remise en question de mes années d’études, de l’effort consenti par moi et mes parents, de l’investissement financier de ces derniers pour que je sois une femme autonome afin d’être protégée dans cette société patriarcale. Je sais que je ne leur dois rien ; ils n’ont fait que jouer leur rôle de parent, et pour moi, cela induit qu’ils doivent jouir du fruit de leur labeur.

Petite anecdote : lors de la déclaration de ma fille à l’état civil, il m’a été demandé ma profession et j’ai répondu innocemment que j’étais en recherche d’emploi. Sur le coup, ça ne m’a rien dit ; cependant, lorsqu’on a récupéré son acte de naissance et qu’il y était mentionné « sans emploi » pour désigner la profession de la mère, mon cœur a été brisé. J’ai tellement eu mal, j’ai déprimé, j’ai ruminé la chose pendant des jours, je m’en suis voulu, j’ai eu du mal à digérer, et même aujourd’hui, je l’ai toujours en travers de la gorge. Il en aurait été de même, si j’avais dit que j’étais « maîtresse de maison » ou « mère au foyer ». Est-ce donc à ça qu’on me résumerait ? Est-ce que c’est l’image que je veux que ma fille ait de moi ? N’aura-t-elle pas honte d’avoir une telle mention sur son acte de naissance ? Ne va-t-elle pas se dire plus tard que son père est plus utile parce qu’il rapporte de l’argent et que moi, je ne fous rien à la maison, alors que c’est un partage de rôles ? Sera-t-elle fière de me présenter comme sa mère ? Quel exemple je lui donne ? Quel modèle de femme je représente pour elle ? Va-t-elle comprendre que le temps passé à prendre soin d’elle est aussi un travail digne du nom ? Ou simplement que je n’avais juste pas encore trouvé mon gagne-pain, ma voie ?

La troisième raison est que j’aime les bonnes choses, aussi, je n’aime pas l’idée de dépendre financièrement d’un homme. Je veux pouvoir me faire plaisir sans trop de calculs, et sans attendre le bon vouloir de mon conjoint. Je veux pouvoir faire plaisir à ma fille, aux miens, à mon mari avec l’argent que j’ai gagné par moi-même, et non celui qu’il m’a donné ; et plus important, même si on ne le souhaite pas, je veux pouvoir assurer une bonne vie à mes enfants et moi quand un malheur arrivera à mon conjoint. Pour tout cela, il me faut un travail qui me rapporte de l’argent afin que je puisse me faire plaisir, économiser, et planifier l’avenir, parce que même s’il ne rechigne pas à être pourvoyeur, le chéri ne gagne pas des milliards d’euros. Quand ce sera le cas, je ne m’en ferai plus du tout, je prendrai un plaisir fou à être une « Rich housewife » hahahah

Sur une note plus sérieuse, être mère au foyer tout court ne me suffit pas, ou plutôt le titre de « mère au foyer » sans reconnaissance de la part de la société ne me sciait pas. Il me faut soit trouver un emploi qui remplit mes conditions afin de continuer à profiter de mes enfants, soit entreprendre dans un domaine qui m’intéresse et qui rapporte de l’argent, ou encore trouver un projet dans lequel je m’investis totalement pour ne pas déprimer et me retrouver à ne rien faire quand les enfants auront grandi (ça, c’est quand on sera des millionnaire/milliardaires en euros). Ça, c’est moi ! C’est ce qui me convient.

Je m’épanouirai pleinement dans ce rôle lorsqu’il sera officiellement décrété que le statut « femme au foyer » est noble ; lorsque la gestion d’un foyer sera reconnue comme un travail, une expérience qui nécessite la mention et la considération sur le CV, afin de faciliter un éventuel retour à l’emploi en temps voulu ; lorsque ces femmes auront une allocation correcte pour le mérite qu’elles élèvent elles-mêmes leurs enfants, tout en étant disponibles pour les autres ; et enfin lorsqu’elles auront une retraite. Je pense que ce n’est pas trop demandé. D’ici là, si vous trouvez le piston pour gagner de l’argent sans aller se tuer chez un employeur capitaliste qui ne vous le reconnaît même pas, faites m’en part.

Retenez surtout qu’une « mère au foyer » est aussi indispensable à la société qu’une « working mum ».

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Les mamans ou futures mamans qui me lisent, laquelle de ces deux besognes vous convient le mieux ? Pourquoi ?

À très bientôt pour un nouvel article.

Des bisous…

 

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